Bible du Chemin Testament Kardecien ©

L’Évangile

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Chapitre XXVIII


RECUEIL DE PRIÈRES SPIRITES


II. PRIÈRES POUR SOI-MÊME

Aux Anges gardiens et aux Esprits protecteurs. (11-14) — Pour éloigner les mauvais Esprits. (15-17) — Pour demander à se corriger d’un défaut. (18, 19) — Pour demander à résister à une tentation. (20, 21) — Action de grâces pour une victoire obtenue sur une tentation. (22, 23) — Pour demander un conseil. (24, 25) — Dans les afflictions de la vie. (26, 27) — Action de grâces pour une faveur obtenue. (28, 29) — Acte de soumission et de résignation. (30-33) — Dans un péril imminent. (34, 35) — Action de grâces après avoir échappé à un danger. (36, 37) — Au moment de s’endormir. (38, 39) — En prévision de sa mort prochaine. (40, 41)


Aux Anges gardiens et aux Esprits protecteurs.


11 PRÉFACE. Nous avons tous un bon Esprit qui s’est attaché à nous dès notre naissance et nous a pris sous sa protection. 2 Il remplit auprès de nous la mission d’un père auprès de son enfant : celle de nous conduire dans la voie du bien et du progrès à travers les épreuves de la vie. Il est heureux quand nous répondons à sa sollicitude ; il gémit quand il nous voit succomber.

3 Son nom nous importe peu, car il peut n’avoir point de nom connu sur la terre ; nous l’invoquons alors comme notre ange gardien, notre bon génie ; nous pouvons même l’invoquer sous le nom d’un Esprit supérieur quelconque pour lequel nous nous sentons plus particulièrement de la sympathie.

4 Outre notre ange gardien, qui est toujours un Esprit supérieur, nous avons des Esprits protecteurs qui, pour être moins élevés, n’en sont pas moins bons et bienveillants ; ce sont, ou des parents, ou des amis, ou quelquefois des personnes que nous n’avons pas connues dans notre existence actuelle. Ils nous assistent par leurs conseils, et souvent par leur intervention dans les actes de notre vie.

5 Les Esprits sympathiques sont ceux qui s’attachent à nous par une certaine similitude de goûts et de penchants ; ils peuvent être bons ou mauvais, selon la nature des inclinations qui les attirent vers nous.

6 Les Esprits séducteurs s’efforcent de nous détourner de la voie du bien, en nous suggérant de mauvaises pensées. Ils profitent de toutes nos faiblesses comme d’autant de portes ouvertes qui leur donnent accès dans notre âme. Il en est qui s’acharnent après nous comme sur une proie, mais ils s’éloignent lorsqu’ils reconnaissent leur impuissance à lutter contre notre volonté.

7 Dieu nous a donné un guide principal et supérieur dans notre ange gardien, et des guides secondaires dans nos Esprits protecteurs et familiers ;  8 mais c’est une erreur de croire que nous avons forcément un mauvais génie placé près de nous pour contrebalancer les bonnes influences. Les mauvais Esprits viennent volontairement, selon qu’ils trouvent prise sur nous par notre faiblesse ou notre négligence à suivre les inspirations des bons Esprits ; c’est donc nous qui les attirons. 9 Il en résulte qu’on n’est jamais privé de l’assistance des bons Esprits, et qu’il dépend de nous d’écarter les mauvais. 10 Par ses imperfections, l’homme étant la première cause des misères qu’il endure est le plus souvent son propre mauvais génie. (Ch. V, n° 4)

11 La prière aux anges gardiens et aux Esprits protecteurs doit avoir pour but de solliciter leur intervention auprès de Dieu, de leur demander la force de résister aux mauvaises suggestions, et leur assistance dans les besoins de la vie.


12 PRIÈRE. — Esprits sages et bienveillants, messagers de Dieu, dont la mission est d’assister les hommes et de les conduire dans la bonne voie, soutenez-moi dans les épreuves de cette vie ; 2 donnez-moi la force de les subir sans murmure ; 3 détournez de moi les mauvaises pensées, et faites que je ne donne accès à aucun des mauvais Esprits qui tenteraient de m’induire au mal. 4 Eclairez ma conscience sur mes défauts, et levez de dessus mes yeux le voile de l’orgueil qui pourrait m’empêcher de les apercevoir et de me les avouer à moi-même.

5 Vous surtout, N…, mon ange gardien, qui veillez plus particulièrement sur moi, et vous tous, Esprits protecteurs qui vous intéressez à moi, faites que je me rende digne de votre bienveillance. Vous connaissez mes besoins, qu’il y soit satisfait selon la volonté de Dieu.


13 (Autre). — Mon Dieu, permettez aux bons Esprits qui m’entourent de venir à mon aide lorsque je suis dans la peine, et de me soutenir si je chancelle. 2 Faites, Seigneur, qu’ils m’inspirent la foi, l’espérance et la charité ; qu’ils soient pour moi un appui, un espoir et une preuve de votre miséricorde ; 3 faites enfin que je trouve près d’eux la force qui me manque dans les épreuves de la vie, et, pour résister aux suggestions du mal, la foi qui sauve et l’amour qui console.


14 (Autre). — Esprits bien-aimés, anges gardiens, vous à qui Dieu, dans son infinie miséricorde, permet de veiller sur les hommes, soyez nos protecteurs dans les épreuves de notre vie terrestre. 2 Donnez-nous la force, le courage et la résignation ; 3 inspirez-nous tout ce qui est bon, retenez-nous sur la pente du mal ; 4 que votre douce influence pénètre notre âme ; faites que nous sentions qu’un ami dévoué est là, près de nous, qu’il voit nos souffrances et partage nos joies.

5 Et vous, mon bon ange, ne m’abandonnez pas ; j’ai besoin de toute votre protection pour supporter avec foi et amour les épreuves qu’il plaira à Dieu de m’envoyer.


Pour éloigner les mauvais Esprits.


15 Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et que vous êtes au-dedans pleins de rapines et d’impuretés. — Pharisiens aveugles, nettoyez premièrement le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors en soit net aussi. — Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites ! parce que vous êtes semblables à des sépulcres blanchis, qui au-dehors paraissent beaux aux yeux des hommes, mais qui, au-dedans, sont pleins de toutes sortes de pourriture. — Ainsi, au-dehors vous paraissez justes aux yeux des hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquités. (Saint Matthieu, ch. XIII, v. 25 à 28.)


16 PRÉFACE. Les mauvais Esprits ne vont que là où ils trouvent à satisfaire leur perversité ; pour les éloigner, il ne suffit pas de le demander, ni même de le leur commander : il faut ôter de soi ce qui les attire. 2 Les mauvais Esprits flairent les plaies de l’âme, comme les mouches flairent les plaies du corps ; de même que vous nettoyez le corps pour éviter la vermine, nettoyez aussi l’âme de ses impuretés pour éviter les mauvais Esprits. 3 Comme nous vivons dans un monde où pullulent les mauvais Esprits, les bonnes qualités du cœur ne mettent pas toujours à l’abri de leurs tentatives, mais elles donnent la force de leur résister.


17 PRIÈRE. — Au nom de Dieu Tout-Puissant, que les mauvais Esprits s’éloignent de moi, et que les bons me servent de rempart contre eux !

2 Esprits malfaisants qui inspirez aux hommes de mauvaises pensées ; Esprits fourbes et menteurs qui les trompez ; Esprits moqueurs qui vous jouez de leur crédulité, je vous repousse de toutes les forces de mon âme et ferme l’oreille à vos suggestions ; mais j’appelle sur vous la miséricorde de Dieu.

3 Bons Esprits qui daignez m’assister, donnez-moi la force de résister à l’influence des mauvais Esprits, et les lumières nécessaires pour n’être pas dupe de leurs fourberies. 4 Préservez-moi de l’orgueil et de la présomption ; écartez de mon cœur la jalousie, la haine, la malveillance et tout sentiment contraire à la charité, qui sont autant de portes ouvertes à l’Esprit du mal.


Pour demander à se corriger d’un défaut.


18 PRÉFACE. Nos mauvais instincts sont le résultat de l’imperfection de notre propre Esprit, et non de notre organisation, autrement l’homme échapperait à toute espèce de responsabilité. 2 Notre amélioration dépend de nous, car tout homme qui a la jouissance de ses facultés a, pour toutes choses, la liberté de faire ou de ne pas faire ; il ne lui manque, pour faire le bien, que la volonté. (Ch. XV, n°10 ; ch. XIX, n°12.)


19 PRIÈRE. — Vous m’avez donné, ô mon Dieu, l’intelligence nécessaire pour distinguer ce qui est bien de ce qui est mal ; or, du moment que je reconnais qu’une chose est mal, je suis coupable de ne pas m’efforcer d’y résister.

2 Préservez-moi de l’orgueil qui pourrait m’empêcher de m’apercevoir de mes défauts, et des mauvais Esprits qui pourraient m’exciter à y persévérer.

3 Parmi mes imperfections, je reconnais que je suis particulièrement enclin à …, et si je ne résiste pas à cet entraînement, c’est par l’habitude que j’ai contractée d’y céder.

4 Vous ne m’avez pas créé coupable, parce que vous êtes juste, mais avec une aptitude égale pour le bien et pour le mal ;  5 si j’ai suivi la mauvaise voie, c’est par un effet de mon libre arbitre. 6 Mais par la raison que j’ai eu la liberté de faire le mal, j’ai celle de faire le bien, par conséquent j’ai celle de changer de route.

7 Mes défauts actuels sont un reste des imperfections que j’ai gardées de mes précédentes existences ; 8 c’est mon péché originel dont je puis me débarrasser par ma volonté et avec l’assistance des bons Esprits.

9 Bons Esprits qui me protégez, et vous surtout mon ange gardien, donnez-moi la force de résister aux mauvaises suggestions, et de sortir victorieux de la lutte.

10 Les défauts sont les barrières qui nous séparent de Dieu, et chaque défaut dompté est un pas fait dans la voie de l’avancement qui doit me rapprocher de lui.

11 Le Seigneur, dans son infinie miséricorde, a daigné m’accorder l’existence actuelle pour qu’elle servît à mon avancement ; bons Esprits, aidez-moi à la mettre à profit, afin qu’elle ne soit pas perdue pour moi, et que, lorsqu’il plaira à Dieu de m’en retirer, j’en sorte meilleur que je n’y suis entré. (Ch. V, n°5 ; ch. XVII, n°3.)


Pour demander à résister à une tentation.


20 PRÉFACE. Toute mauvaise pensée peut avoir deux sources : la propre imperfection de notre âme, ou une funeste influence qui agit sur elle ; 2 dans ce dernier cas, c’est toujours l’indice d’une faiblesse qui nous rend propres à recevoir cette influence, 3 et par conséquent d’une âme imparfaite ; de telle sorte que celui qui faillit ne saurait invoquer pour excuse l’influence d’un Esprit étranger, puisque cet Esprit ne l’aurait point sollicité au mal, s’il l’avait jugé inaccessible à la séduction.

4 Quand une mauvaise pensée surgit en nous, nous pouvons donc nous représenter un Esprit malveillant nous sollicitant au mal, et auquel nous sommes tout aussi libres de céder ou de résister que s’il s’agissait des sollicitations d’une personne vivante. 5 Nous devons en même temps nous représenter notre ange gardien, ou Esprit protecteur qui, de son côté, combat en nous la mauvaise influence, et attend avec anxiété la décision que nous allons prendre. 6 Notre hésitation à faire le mal est la voix du bon Esprit qui se fait entendre par la conscience.

7 On reconnaît qu’une pensée est mauvaise quand elle s’écarte de la charité, qui est la base de toute vraie morale ; 8 quand elle a pour principe l’orgueil, la vanité ou l’égoïsme ; 9 quand sa réalisation peut causer un préjudice quelconque à autrui ; 10 quand, enfin, elle nous sollicite à faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu’on nous fît. (Ch. XXVIII, n°15 ; ch. XV, n°10.)


21 PRIÈRE. — Dieu Tout-Puissant, ne me laissez pas succomber à la tentation que j’ai de faillir. 2 Esprits bienveillants qui me protégez, détournez de moi cette mauvaise pensée, et donnez-moi la force de résister à la suggestion du mal. 3 Si je succombe, j’aurai mérité l’expiation de ma faute en cette vie et en l’autre, parce que je suis libre de choisir.


Action de grâces pour une victoire obtenue sur une tentation.


22 PRÉFACE. Celui qui a résisté à une tentation le doit à l’assistance des bons Esprits dont il a écouté la voix. Il doit en remercier Dieu et son ange gardien.


23 PRIÈRE. — Mon Dieu, je vous remercie de m’avoir permis de sortir victorieux de la lutte que je viens de soutenir contre le mal ; faites que cette victoire me donne la force de résister à de nouvelles tentations.

2 Et vous, mon ange gardien, je vous remercie de l’assistance que vous m’avez donnée. Puisse ma soumission à vos conseils me mériter de nouveau votre protection !


Pour demander un conseil.


24 PRÉFACE. Lorsque nous sommes indécis de faire ou de ne pas faire une chose, nous devons avant tout nous poser à nous-mêmes les questions suivantes :

1° La chose que j’hésite à faire peut-elle porter un préjudice quelconque à autrui ?

2° Peut-elle être utile à quelqu’un ?

3° Si quelqu’un faisait cette chose à mon égard, en serais-je satisfait ?

2 Si la chose n’intéresse que soi, il est permis de mettre en balance la somme des avantages et des inconvénients personnels qui peuvent en résulter.

3 Si elle intéresse autrui, et qu’en faisant du bien à l’un elle puisse faire du mal à un autre, il faut également peser la somme du bien et du mal pour s’abstenir ou agir.

4 Enfin, même pour les meilleures choses, il faut encore considérer l’opportunité et les circonstances accessoires, car une chose bonne en elle-même peut avoir de mauvais résultats entre des mains inhabiles, et si elle n’est pas conduite avec prudence et circonspection. 5 Avant de l’entreprendre, il convient de consulter ses forces et ses moyens d’exécution.

6 Dans tous les cas, on peut toujours réclamer l’assistance de ses Esprits protecteurs en se souvenant de cette sage maxime : Dans le doute, abstiens-toi. (Ch. XXVIII, n°38.)


25 PRIÈRE. — Au nom de Dieu Tout-Puissant, bons Esprits qui me protégez, inspirez-moi la meilleure résolution à prendre dans l’incertitude où je suis. Dirigez ma pensée vers le bien, et détournez l’influence de ceux qui tenteraient de m’égarer.


Dans les afflictions de la vie.


26 PRÉFACE. Nous pouvons demander à Dieu des faveurs terrestres, et il peut nous les accorder lorsqu’elles ont un but utile et sérieux ; 2 mais comme nous jugeons l’utilité des choses à notre point de vue, et que notre vue est bornée au présent, nous ne voyons pas toujours le mauvais côté de ce que nous souhaitons. 3 Dieu, qui voit mieux que nous, et ne veut que notre bien, peut donc nous refuser, comme un père refuse à son enfant ce qui pourrait lui nuire. 4 Si ce que nous demandons ne nous est pas accordé, nous ne devons en concevoir aucun découragement ; il faut penser, au contraire, que la privation de ce que nous désirons nous est imposée comme épreuve ou comme expiation, et que notre récompense sera proportionnée à la résignation avec laquelle nous l’aurons supportée. (Ch. XXVII, n°6 ; ch. 2, n° 5, 6, 7.)


27 PRIÈRE. — Dieu Tout-Puissant qui voyez nos misères, daignez écouter favorablement les voeux que je vous adresse en ce moment. Si ma demande est inconsidérée, pardonnez-la-moi ; si elle est juste et utile à vos yeux, que les bons Esprits qui exécutent vos volontés me viennent en aide pour son accomplissement.

2 Quoi qu’il en advienne, mon Dieu, que votre volonté soit faite. Si mes désirs ne sont pas exaucés, c’est qu’il entre dans vos desseins de m’éprouver, et je me soumets sans murmure. 3 Faites que je n’en conçoive aucun découragement, et que ni ma foi ni ma résignation n’en soient ébranlées.

(Formuler sa demande.)


Action de grâces pour une faveur obtenue.


28 PRÉFACE. Il ne faut point considérer seulement comme des événements heureux les choses de grande importance ; les plus petites en apparence sont souvent celles qui influent le plus sur notre destinée. 2 L’homme oublie aisément le bien, et se souvient plutôt de ce qui l’afflige. Si nous enregistrions jour par jour les bienfaits dont nous sommes l’objet, sans les avoir demandés, nous serions souvent étonnés d’en avoir tant reçu qui se sont effacés de notre mémoire, et humiliés de notre ingratitude.

3 Chaque soir, en élevant notre âme à Dieu, nous devons rappeler en nous-mêmes les faveurs qu’il nous a accordées pendant la journée, et l’en remercier. 4 C’est surtout au moment même où nous éprouvons l’effet de sa bonté et de sa protection que, par un mouvement spontané, nous devons lui en témoigner notre gratitude ; il suffit pour cela d’une pensée lui reportant le bienfait, sans qu’il soit besoin de se détourner de son travail.

5 Les bienfaits de Dieu ne consistent pas seulement dans les choses matérielles ; il faut également le remercier des bonnes idées, des inspirations heureuses qui nous sont suggérées. 6 Tandis que l’orgueilleux s’en fait un mérite, que l’incrédule les attribue au hasard, celui qui a la foi en rend grâce à Dieu et aux bons Esprits. 7 Pour cela, de longues phrases sont inutiles : « Merci, mon Dieu, de la bonne pensée qui m’est inspirée, » en dit plus que beaucoup de paroles. 8 L’élan spontané qui nous fait reporter à Dieu ce qui nous arrive de bien témoigne d’une habitude de reconnaissance et d’humilité qui nous concilie la sympathie des bons Esprits. (Ch. XXVII, n°7, 8.)


29 PRIÈRE. — Dieu infiniment bon, que votre nom soit béni pour les bienfaits que vous m’avez accordés ; j’en serais indigne si je les attribuais au hasard des événements ou à mon propre mérite.

2 Bons Esprits qui avez été les exécuteurs des volontés de Dieu, et vous surtout, mon ange gardien, je vous remercie. 3 Détournez de moi la pensée d’en concevoir de l’orgueil, et d’en faire un usage qui ne serait pas pour le bien.

Je vous remercie notamment de …


Acte de soumission et de résignation.


30 PRÉFACE. Quand un sujet d’affliction nous arrive, si nous en cherchons la cause, nous trouverons souvent qu’il est la suite de notre imprudence, de notre imprévoyance ou d’une action antérieure ; dans ce cas, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes. 2 Si la cause d’un malheur est indépendante de toute participation qui soit notre fait, c’est ou une épreuve pour cette vie, ou l’expiation d’une existence passée, et, dans ce dernier cas, la nature de l’expiation peut nous faire connaître la nature de la faute, car nous sommes toujours punis par où nous avons péché. (Ch. V, n°4, 6 et suivants.)

4 Dans ce qui nous afflige, nous ne voyons en général que le mal présent, et non les conséquences ultérieures favorables que cela peut avoir. Le bien est souvent la suite d’un mal passager, comme la guérison d’un malade est le résultat des moyens douloureux que l’on emploie pour l’obtenir. 5 Dans tous les cas, nous devons nous soumettre à la volonté de Dieu, supporter avec courage les tribulations de la vie, si nous voulons qu’il nous en soit tenu compte, et que cette parole du Christ nous soit appliquée : Bienheureux ceux qui souffrent. (Ch. V, n°18.)


31 PRIÈRE. — Mon Dieu, vous êtes souverainement juste ; toute souffrance ici-bas doit donc avoir sa cause et son utilité. 2 J’accepte le sujet d’affliction que je viens d’éprouver comme une expiation de mes fautes passées et une épreuve pour l’avenir.

3 Bons Esprits qui me protégez, donnez-moi la force de le supporter sans murmure ; faites qu’il soit pour moi un avertissement salutaire ; qu’il accroisse mon expérience ; qu’il combatte en moi l’orgueil, l’ambition, la sotte vanité et l’égoïsme, et qu’il contribue ainsi à mon avancement.


32 (Autre.) — Je sens, ô mon Dieu, le besoin de vous prier pour me donner la force de supporter les épreuves qu’il vous a plu de m’envoyer. 2 Permettez que la lumière se fasse assez vive en mon esprit pour que j’apprécie toute l’étendue d’un amour qui m’afflige pour vouloir me sauver. 3 Je me soumets avec résignation, ô mon Dieu ; mais, hélas ! la créature est si faible que, si vous ne me soutenez, je crains de succomber. 4 Ne m’abandonnez pas, Seigneur, car sans vous je ne puis rien.


33 (Autre.) — J’ai levé mes regards vers toi, ô Eternel, et je me suis senti fortifié. Tu es ma force, ne m’abandonne pas ; ô Dieu ! 2 je suis écrasé sous le poids de mes iniquités ! aide-moi ; tu connais la faiblesse de ma chair, et tu ne détournes pas tes regards de dessus moi !

3 Je suis dévoré d’une soif ardente ; fais jaillir la source d’eau vive, et je serai désaltéré. 4 Que ma bouche ne s’ouvre que pour chanter tes louanges et non pour murmurer dans les afflictions de ma vie. 5 Je suis faible, Seigneur, mais ton amour me soutiendra.

6 O Eternel ! toi seul es grand, toi seul es la fin et le but de ma vie. Ton nom soit béni, si tu me frappes, car tu es le maître et moi le serviteur infidèle ; je courberai mon front sans me plaindre, car toi seul es grand, toi seul es le but.


Dans un péril imminent.


34 PRÉFACE. Par les dangers que nous courons, Dieu nous rappelle notre faiblesse et la fragilité de notre existence. Il nous montre que notre vie est entre ses mains, et qu’elle tient à un fil qui peut se briser au moment où nous nous y attendons le moins. 2 Sous ce rapport, il n’y a de privilège pour personne, car le grand et le petit sont soumis aux mêmes alternatives.

3 Si l’on examine la nature et les conséquences du péril, on verra que le plus souvent ces conséquences, si elles se fussent accomplies, auraient été la punition d’une faute commise ou d’un devoir négligé.


35 PRIÈRE. — Dieu Tout-Puissant, et vous, mon ange gardien, secourez-moi ! Si je dois succomber, que la volonté de Dieu soit faite. 2 Si je suis sauvé, que le reste de ma vie répare le mal que j’ai pu faire et dont je me repens.


Action de grâces après avoir échappé à un danger.


36 PRÉFACE. Par le danger que nous avons couru, Dieu nous montre que nous pouvons d’un moment à l’autre être appelés à rendre compte de l’emploi que nous avons fait de la vie ; il nous avertit ainsi de rentrer en nous-mêmes et de nous amender.


37 PRIÈRE. — Mon Dieu, et vous, mon ange gardien, je vous remercie du secours que vous m’avez envoyé dans le péril qui m’a menacé. Que ce danger soit pour moi un avertissement, et qu’il m’éclaire sur les fautes qui ont pu me l’attirer. 2 Je comprends, Seigneur, que ma vie est entre vos mains, et que vous pouvez me la retirer quand il vous plaira. Inspirez-moi, par les bons Esprits qui m’assistent, la pensée d’employer utilement le temps que vous m’accordez encore ici-bas.

3 Mon ange gardien, soutenez-moi dans la résolution que je prends de réparer mes torts et de faire tout le bien qui sera en mon pouvoir, afin d’arriver chargé de moins d’imperfections dans le monde des Esprits quand il plaira à Dieu de m’y appeler.


Au moment de s’endormir.


38 PRÉFACE. Le sommeil est le repos du corps, mais l’Esprit n’a pas besoin de repos. Pendant que les sens sont engourdis, l’âme se dégage en partie de la matière, et jouit de ses facultés d’Esprit. 2 Le sommeil a été donné à l’homme pour la réparation des forces organiques et pour celle des forces morales. Pendant que le corps récupère les éléments qu’il a perdus par l’activité de la veille, l’Esprit va se retremper parmi les autres Esprits ; il puise dans ce qu’il voit, dans ce qu’il entend et dans les conseils qu’on lui donne, des idées qu’il retrouve au réveil à l’état d’intuition ; c’est le retour temporaire de l’exilé dans sa véritable patrie ; c’est le prisonnier momentanément rendu à la liberté.

3 Mais il arrive, comme pour le prisonnier pervers, que l’Esprit ne met pas toujours à profit ce moment de liberté pour son avancement ; s’il a de mauvais instincts, au lieu de chercher la compagnie des bons Esprits, il cherche celle de ses pareils, et va visiter les lieux où il peut donner un libre cours à ses penchants.

4 Que celui qui est pénétré de cette vérité élève sa pensée au moment où il sent les approches du sommeil ; qu’il fasse appel aux conseils des bons Esprits et de ceux dont la mémoire lui est chère, afin qu’ils viennent se réunir à lui dans le court intervalle qui lui est accordé, et au réveil il se sentira plus de force contre le mal, plus de courage contre l’adversité.


39 PRIÈRE. — Mon âme va se trouver un instant avec les autres Esprits. Que ceux qui sont bons viennent m’aider de leurs conseils. Mon ange gardien, faites qu’à mon réveil j’en conserve une impression durable et salutaire.


En prévision de sa mort prochaine.


40 PRÉFACE. La foi en l’avenir, l’élévation de la pensée, pendant la vie, vers les destinées futures, aident au prompt dégagement de l’Esprit, en affaiblissant les liens qui le retiennent au corps, 2 et souvent la vie corporelle n’est point encore éteinte que l’âme, impatiente, a déjà pris son essor vers l’immensité. 3 Chez l’homme, au contraire, qui concentre toutes ses pensées sur les choses matérielles, ces liens sont plus tenaces, la séparation est pénible et douloureuse, et le réveil d’outre-tombe est plein de trouble et d’anxiété.


41 PRIÈRE. — Mon Dieu, je crois en vous et en votre bonté infinie ; c’est pourquoi je ne puis croire que vous avez donné à l’homme l’intelligence de vous connaître et l’aspiration vers l’avenir pour le plonger dans le néant.

2 Je crois que mon corps n’est que l’enveloppe périssable de mon âme, et que, lorsqu’il aura cessé de vivre, je me réveillerai dans le monde des Esprits.

3 Dieu Tout-Puissant, je sens se briser les liens qui unissent mon âme à mon corps, et bientôt je vais avoir à rendre compte de l’emploi de la vie que je quitte.

4 Je vais subir les conséquences du bien et du mal que j’ai fait ; là, il n’y a plus d’illusion, plus de subterfuge possible ; tout mon passé va se dérouler devant moi, et je serai jugé selon mes œuvres.

5 Je n’emporterai rien des biens de la terre ; honneurs, richesses, satisfactions de la vanité et de l’orgueil, tout ce qui tient au corps enfin va rester ici-bas ; pas la moindre parcelle ne me suivra, et rien de tout cela ne me sera du moindre secours dans le monde des Esprits. 6 Je n’emporterai avec moi que ce qui tient à l’âme, c’est-à-dire les bonnes et les mauvaises qualités qui seront pesées dans la balance d’une rigoureuse justice,; 7 et je serai jugé avec d’autant plus de sévérité que ma position sur la terre m’aura donné plus d’occasions de faire le bien que je n’ai pas fait. (Ch. XVI, n°9.)

8 Dieu de miséricorde, que mon repentir parvienne jusqu’à vous ! Daignez étendre sur moi votre indulgence.

9 S’il vous plaisait de prolonger mon existence, que le reste soit employé à réparer autant qu’il est en moi le mal que j’ai pu faire. 10 Si mon heure est sonnée sans retour, j’emporte la pensée consolante qu’il me sera permis de me racheter par de nouvelles épreuves, afin de mériter un jour le bonheur des élus.

11 S’il ne m’est pas donné de jouir immédiatement de cette félicité sans mélange qui n’est le partage que du juste par excellence, je sais que l’espoir ne m’est pas interdit pour toujours, et qu’avec le travail j’arriverai au but, plus tôt ou plus tard, selon mes efforts.

12 Je sais que de bons Esprits et mon ange gardien sont là, près de moi, pour me recevoir ; dans peu je les verrai comme ils me voient. 13 Je sais que je retrouverai ceux que j’ai aimés sur la terre, si je l’ai mérité, et que ceux que j’y laisse viendront me rejoindre pour être un jour tous à jamais réunis, et qu’en attendant je pourrai venir les visiter.

14 Je sais aussi que je vais retrouver ceux que j’ai offensés ; puissent-ils me pardonner ce qu’ils peuvent avoir à me rapprocher : mon orgueil, ma dureté, mes injustices, et ne pas m’accabler de honte par leur présence !

15 Je pardonne à ceux qui m’ont fait ou voulu du mal sur la terre ; je n’emporte aucune haine contre eux, et je prie Dieu de leur pardonner.

16 Seigneur, donnez-moi la force de quitter sans regrets les joies grossières de ce monde qui ne sont rien auprès des joies pures du monde où je vais entrer. Là, pour le juste, il n’est plus de tourments, plus de souffrances, plus de misères ; le coupable seul souffre, mais il lui reste l’espérance.

17 Bons Esprits, et vous, mon ange gardien, ne me laissez pas faillir en ce moment suprême ; faites luire à mes yeux la divine lumière, afin de ranimer ma foi si elle venait à s’ébranler.


Nota. — Voir ci-après paragraphe V : Prières pour les malades et les obsédés.



Il y a une image de ce chapitre dans le service Google - Recherche de livres (Quatrième édition - 1868).


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